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 Claude Gueux

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Beldurian
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MessageSujet: Claude Gueux   Ven 17 Aoû - 8:41

Titre : Claude Gueux
Auteur : Victor Hugo
Type : Roman
Taille : 30 pages en format poche





Biographie de l'auteur :

Victor-Marie Hugo est né le 26 février 1802 à Besançon où son père est en garnison , puis passe son enfance à Paris. Victor est le fils du comte et général napoléonien du Premier Empire Joseph Léopold Sigisbert Hugo (1773–1828) et de Sophie Trébuchet (1772–1821) et cadet de trois enfants Abel Joseph Hugo (1798–1855) et Eugène Hugo (1800–1837). De fréquents séjours à Naples et en Espagne, à la suite des affectations militaires de son père, marqueront ses premières années. Vers 1813, il s’installe à Paris avec sa mère qui s’est séparée de son mari, car elle entretient une liaison avec le général d'empire Victor Fanneau de la Horie. Âgé de quatorze ans à peine, Victor, en juillet 1816, note sur un journal : « Je veux être Chateaubriand ou rien »[1] Sa vocation est précoce et ses ambitions sont immenses.

Avec ses frères Abel et Eugène, il fonde en 1819 une revue, « le Conservateur littéraire », qui attire déjà l'attention sur son talent. La même année, il remporte le concours de l'Académie des Jeux floraux (voir Clémence Isaure). Deux fois lauréat (1819 et 1820), également primé par l’académie, Victor Hugo délaisse les mathématiques, pour lesquelles il a un goût marqué (il suit les cours des classes préparatoires), et embrasse la carrière littéraire. Son premier recueil de poèmes, Odes, paraît en 1821 : il a alors dix-neuf ans et ses études au lycée Louis-le-Grand lui permettent de faire connaître rapidement cet ouvrage. Il participe aux réunions du Cénacle de Charles Nodier à la Bibliothèque de l'Arsenal, berceau du Romantisme, qui auront une grande influence sur son développement. Dès cette époque, Hugo est tout à la fois poète, romancier, dramaturge et même journaliste : Hugo entreprend tout et réussit beaucoup.

Source : Ici


Bibliographie :

Voir ici


Résumé :

Quand Victor Hugo découvre dans la Gazette des tribunaux du 19 mars 1832, le compte rendu du procès d'un certain Claude Gueux condamné à mort pour meurtre, il y découvre comme un écho de son plaidoyer contre la peine de mort et décide alors d'en faire un roman. Il reconstruit donc la vie de Claude Gueux de son entrée dans la prison jusqu'à son exécution en passant par les motifs de son crime et son procès. Suit ensuite une longue réflexion de Victor Hugo sur les rôles et les devoirs de la société face au criminel.

Dans le roman, Claude Gueux est un ancien ouvrier condamné à 5 ans de prison pour avoir volé un pain. Personnage illettré, il force le respect et l'admiration des autres prisonniers par son calme et sa pondération. Son aura parmi ses codétenus finit pas susciter la jalousie du directeur de l'atelier. Celui-ci va contribuer à lui rendre la vie impossible. Claude Gueux trouve en prison un ami, Albin, qu'il va se voir retirer par le directeur des ateliers M.D. Claude va alors essayer de le convaincre de remettre Albin dans son quartier, mais M.D. refuse obstinément...Claude décide alors de le tuer et sera condamné à mort pour ce crime.

Avis de Beldurian :

Ce très bref récit de Victor Hugo est écrit d'un style beau et entrainant, tout à fait à même de nous imaginer le décor mais, surtout, de bien cerner le personnage.

L'histoire en elle-même n'a rien d'extraordinaire, ce récit pourrait être une très bonne distraction. Les faits ayant été véritables, cela accentue l'importance du récit et notre interêt pour celui-ci.

Mais pour apprécier pleinement l'étude de ce roman, il faut prendre en considération le combat que mène Victor Hugo contre la peine de mort. Sous cette perspective, il nous apparait alors clairement que cette oeuvre se veut engagée contre la peine de mort, qu'elle dénonce particulièrement les méfaits des prisons et le désespoir qui peut envahir l'Homme. À la manière du Dernier jour d'un condamné, cette oeuvre tend à humaniser le prisonnier, à dévoiler sa part d'homme qu'il a encore en lui. Ainsi, le prisonnier aime encore, s'attache encore, regrette la perte d'un ami, et s'enfonce dans le désespoir face à cette deuxième condamnation de Victor Hugo : les méfaits des prisons.

Mais plus loin encore, il s'agit ici de révéler la prt de responsabilité de la société dans ces méfaits, dans les crimes eux mêmes. Nous serions ainsi tous, chaque individu, responsable. En effet, Claude Gueux est allé en prison parce qu'il a volé, pour nourrir sa famille. Par la suite, sorti de prison, il s'est vu refusé tout travail, a donc été encore obligé d'accomplir des méfaits. De fil en aiguille, il finira donc condamné à mort. Ces questions se posent ainsi : "Mais pourquoi cet homme a-t-il volé ? Pourquoi cet homme a-t-il tué ?" Victor Hugo répond : "Le peuple a faim, le peuple a froid. La misère le pousse au crime ou au vice, selon le sexe." Et enfin : "Cette tête de l’homme du peuple, cultivez-la, défrichez-la, arrosez-la, fécondez-la, éclairez-la, moralisez-la, utilisez-la ; vous n’aurez pas besoin de la couper."

La société se doit donc d'éduquer, d'enrichir, du moins de partager ses richesses afin de donner à tous les moyens de vivre correctement, et ainsi de s'éloigner de la tentative du péché, vol, meurtre...etc. C'est ici un appel aux mesures sociales, à l'entraide, un humanisme profond !

Victor Hugo, à travers ce plaidoyer, signe un très bel ouvrage qui défend admirablement sa cause. Néanmoins, les particularités ne peuvent théoriser pour un ensemble, tout du moins elles peuvent servir d'exemple. Ici, Victor Hugo nous romance une histoire vraie afin de nous attendrir, de sorte que chacun se sentira sans doute plus proche de cette histoire que si cela avait été un récit inventé. Un ouvrage théorique, des mesures concrêtes auraient été néanmoins plus appréciables je pense, plus concret encore. Sans doute faut-il étudier la vie de Victor Hugo en tant qu'homme politique pour alors obtenir ces mesures qu'il propose, pourquoi, comment, etc...

Si le livre est bien construit, admirablement écrit et s'il ne manque pas d'interêt, je me dois d'ajouter que je ne suis pas en accord avec celui-ci, et qu'il ne m'a néanmoins pas fait changer d'avis. Il ne me semble pas que la cause du meurtre soit dans la pauvreté ou dans le besoin. Donner à l'être humain un minimum ne l'empêchera pas de désirer encore plus, et de s'avancer toujours vers ces méfaits qui, selon moi, sont inhérents à la nature humaine, et j'irais même plus loin : qui forment sa grandeur !

Aussi, une autre chose m'a quelque peu choqué. Dans le passage suivant (celui que je cite en extrait, plus bas), il me semble étrange que Victor Hugo s'affirme contre la peine de mort, pour son abolition, en cherchant à excuser un homme qui lui même a mis à mort quelqu'un. Pourquoi donc défendre celui qui met à mort, alors qu'il s'agit, à travers cette oeuvre, de frapper ceux qui mettent à mort ? C'est une chose que je ne m'explique pas...


Extrait :

"Une fois que les surveillants les eurent laissés seuls, Claude se leva debout sur son banc, et annonça à toute la chambrée qu’il avait quelque chose à dire. On fit silence.

Alors Claude haussa la voix et dit

— Vous savez tous qu’Albin était mon frère. Je n’ai pas assez de ce qu’on me donne ici pour manger. Même en n'achetant que du pain avec le peu que je gagne, cela ne suffirait pas. Albin partageait sa ration avec moi ; je l’ai aimé d’abord parce qu’il m’a nourri, ensuite parce qu’il m’a aimé. Le directeur, M. D. , nous a séparés. Cela ne lui faisait rien que nous fussions ensemble ; mais c’est un méchant homme, qui jouit de tourmenter. Je lui ai redemandé Albin. Vous avez vu, il n’a pas voulu. Je lui ai donné jusqu’au 4 novembre pour me rendre Albin. Il m’a fait mettre au cachot pour avoir dit cela. Moi, pendant ce temps-là, je l’ai jugé et je l’ai condamné à mort. Nous sommes au 4 novembre. Il viendra dans deux heures faire sa tournée. Je vous préviens que je vais le tuer. Avez-vous quelque chose à dire à cela ?

Tous gardèrent le silence."



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